Quand « faire des soldes » devient jeu de patience

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Paru le 5 Janvier dans Tribune de genève

Acheter rusé: une affaire d’organisation. Du repérage à l’achat, faire les soldes est un art…

Certains détestent les soldes: «Mais regardez-les s’accrocher aux gondoles comme des naufragés à une bouée, faire la queue à la porte d’une boutique dans le froid puis devant une caisse dans la moiteur d’un magasin bondé… L’horreur!» Ce n’est (et de loin) pas l’avis de tout le monde: Yolanda, par exemple, vit «ses» soldes – d’été et d’hiver – comme un voyage au cœur de l’Amazonie; elle les anticipe, les organise, les mijote avant de les déguster. Chaque jour de l’année, cette adepte du beau et de l’original, faitdu repérage – d’autres appelleraient cette activité lèche-vitrines Mais elle va plus loin: elle observe l’objet remarqué, le tâte, va même jusqu’à l’essayer! Puis elle case l’info dans un coin de sa mémoire. «Pas de liste, pas de conditionnement, quand c’est le moment, je me laisse porter par les souvenirs, les envies…»

Passionnée de déco
« J’achète tout aux soldes: linge de maison, vêtements, vaisselle, chaussures, rideaux», lance-t-elle fièrement. Elle est d’autant plus heureuse de ses achats à moitié prix qu’ils lui permettent de laisser libre cours à sa fantaisie, à son besoin de changement. Yolanda est une passionnée de déco. Grâce à sa stratégie d’achats, elle change ses rideaux et son linge de maison en fonction des saisons: chaleureux en hiver, frais en été. Depuis peu, elle a ajouté les fêtes aux saisons, histoire de créer l’ambiance ad hoc. C’est ainsi que des motifs de Noël ornent ses assiettes le 25 décembre et que des œufs et des petits lapins animent celles de Pâques! «Après, dit-elle en riant, il faut gérer! Ne pas oublier qu’on a tout ça…»

Mon jeu à moi!
« Les soldes, c’est mon jeu à moi, ma brocante à moi. Et quand un objet convoité est absent des rayons soldes, je ne suis pas déçue, je me dis qu’il n’était pas pour moi! » C’est étrange, les compagnons des accros aux soldes ont tendance à trouver que ceux-ci exagèrent! « Mais, quand je lui annonce le prix payé, je vois dans ses yeux comme une forme d’acquiescement », sourit, espiègle, notre acheteuse rusée.

De la folie!
A première vue, la crise annoncée n’a pas refroidi les Genevois(es) épris(es) de prix cassés. Au contraire, observe Jacques-Alain Rastoldo, l’un des sous-directeurs de Manor-Genève, les soldes ont démarré tout de suite très fort, les 26 et 27 décembre, en particulier au niveau de la parfumerie et de la confection. Jusqu’au 30, ça a été de la folie! » Dans les boutiques genevoises, l’ambiance est sereine. Notamment chez Max Mara, à la rue du Rhône: « La clientèle locale est un peu plus clairsemée, mais nous recevons davantage de visiteurs étrangers, de touristes. » L’un compense l’autre.

Ruée sur la Toile
Petite balade, juste après Noël, du côté d’Ikea, à Aubonne: c’est la frénésie, même au niveau du parking où les voitures ne savent plus où donner de la roue… Et sur la Toile? A l’heure des soldes, sur le site suisse eboutic.ch, ça a été la ruée! Presque tout a été raflé en quelques heures. Si les soldes vous branchent, régalez-vous, vous avez jusqu’à la fin du mois pour exercer vos talents de consommateur futé. Mais si vous n’êtes pas doué, vous risquez bien, à l’instar de cette jeune femme rencontrée à Chavannes-de-Bogis, de ressortir du magasin avec un article… non soldé!

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